vendredi 24 juillet 2009

Homophobie






Il y a quelques mois, des tensions homophobes inédites ont éclaté au Sénégal, relayées par la presse. Morceaux choisis en 2008 ...












Le journal l'As, en décembre 2008


Le Président gambien Yaya Jammeh a déclaré hier qu’il promettait de « couper la tête des homosexuels » qui seront arrêtés en Gambie, et de fermer tous les établissements qui accueillent des homosexuels. « La Gambie est un pays de croyants donc aucun péché ou acte immoral ne sera toléré », a t-il déclaré. (le Matin, 21 mai 2008)


A Yeumbeul, des habitants s’en sont pris à des hommes « soupçonnés » d’être « homosexuels » et d’organiser une « cérémonie de mariage entre homos ». La maison a été « criblée de pierres et de projectiles », et plusieurs individus ont été blessés. Un d’entre eux a failli être « décapité » par des jeunes. Commentaire dans le Populaire : « il est aujourd’hui clair que les populations ont tendance à dire elles-mêmes la loi et à appliquer la sentence. Cela se passe dans tous les pays ou l’autorité de l’état s’effrite. » (le Populaire, 26 mai 2008)


L’As rapporte que la semaine dernière, un « goordjiguen » (homosexuel) « a été pris à partie » par une foule « monstre » au niveau de Liberté VI. Le commentaire de l’As : « A ce rythme la, sur et certain qu’on risque plus de voir ces créatures pas comme les autres dans les baptêmes ou autres mariages ». (l’As, 27 mai 2008)


Deux homosexuels ont été arrêtés et déférés au parquet pour « outrage public à la pudeur ». Ils avaient été surpris « en train de s’enlacer et de s’embrasser avec fougue sur la bouche » par un policier sur une plage de la corniche est. « Les deux Mamadou nient leur forfait » écrit l’Office. (l’Office, 28 mai 2008)


Deux ressortissants espagnols, de 54 et 56 ans, « soupçonnés d’avoir fait des avances à deux taximen », sont détenus dans les prisons gambiennes depuis vendredi. (Thiey, l’Observateur, 3 juin 2008)


Quatre « Goordjiguen » (homosexuels) ont été lynchés vendredi soir à la Médina, à Dakar, « à coup de briques et de barre de fers ». Les jeunes hommes dansaient de manière « efféminée » et portaient des « vêtements serrés » ainsi que des « strings », rapporte le journal l’As. Pourchassés par la foule, ils ont réussi à s’enfuir. (l’As, 16 juin 2008)


L’homosexuel Serigne Mbaye ne sera pas enterré à Touba, car les autorités religieuses s’y opposent. Une contribution dans le Soleil dénonce « la dépravation des mœurs au sein de la communauté sénégalaise d’Espagne : certains clandestins s’intègrent dans le milieu homosexuel ». (le Populaire, l’As, 24 heures, Walf Grand Place, le Soleil, 25 juillet 2008)


Après s’être vu refuser l’autorisation d’inhumer leur frère Serigne Mbaye dans plusieurs localités, en raison de son homosexualité, les proches de la famille ont choisi de l’enterrer dans un champ proche de Djourbel. Le corps a été découvert par un paysan et ramené à la morgue de la ville. Les frères du défunt sont inculpés pour « infraction aux lois sur l’inhumation ». (Walf Grand Place, l’Office, 5 aout 2008)


Un homosexuel a été « frappé et blessé » dans le quartier Patte d’oie. Constatant la gravité des blessures du jeune homme, son propriétaire l’a conduit à l’hôpital Grand Yoff. A sa sortie « il a plié bagages et déménager en laissant les commentaires aller bon train ». (Walf Grand Place, 7 aout 2008)

« Ou est enterré Serigne Mbaye? » titre Walf Grand Place, qui informe que le procureur de Diourbel a autorisé la ré inhumation de la dépouille de « l’homosexuel défunt », après plusieurs refus d’inhumer de la part des autorités de Touba et son exhumation d’un champ proche de Diourbel. (Walf Grand Place, 8 aout 2008)


Un individu soupçonné d’être homosexuel, car « tiré à quatre épingles et bardé de bracelets », a été lynché par la foule à la Patte d’Oie, vendredi dernier. Il a été directement conduit à l’Hôpital Principal de Grand Yoff. (le Soleil, 12 aout 2008)


Deux homosexuels belge et sénégalais, mariés récemment en Belgique, ont été condamnés à deux ans de prison pour « acte contre-nature ». Le jeune sénégalais s’est défendu en déclarant s’être marié « légalement », et que cette union « avait pour but de me faciliter l’obtention du visa et du séjour en Belgique et non pour être consommée ». (l’Office, Walf Grand Place, l’Observateur, Thiey, le Populaire, 22 aout 2008)

jeudi 23 juillet 2009

ART ZO



Je me permets de publier un papier sorti dans Sud Quotidien, le 23 juillet. Pour info, le contexte c'est le Fesman, le Festival Mondial des Arts Nègres, qui devait se tenir en Décembre. Une grande rencontre autour de "l'art nègre", et la com qui va avec.... Dans Dakar de grands panneaux annoncent "Fesman , Sunuu (notre) festival". Personnellement, je me suis toujours demandé ce que donnerait le même type de message en mettant "blanc" à la place. Un "festival mondial des Arts blancs", avec pour base line "NOTRE festival"..... en direct d'Orange, de Toulon ou de Vitrolles?
Pour info le fesman vient d'être officiellement reporté aux calendes grecques...



De la pertinence d’un art « nègre » en 2009.

par Sakho Jimbira Papa Cheik,


La tenue du Festival des arts nègres (Fesman) en décembre prochain à Dakar, à la suite de celui de 1966, initié par le défunt président poète Léopold Sédar Senghor, est pour nous l’occasion d’interroger la pertinence du vocable « nègre », accolé au mot art, qu’il soit d’ailleurs employé au singulier ou au pluriel. Toutefois, précisons d’emblée que cet article n’est en aucun cas un plaidoyer contre le Fesman, car, ayant pleinement conscience des énormes difficultés que les artistes africains rencontrent pour subsister dans le marché de l’art mondial et faire connaitre leurs œuvres, nous ne pouvons qu’encourager toutes les initiatives de nature à leur offrir une visibilité. Que veut dire « art nègre » ou « arts nègres » ? L’expression fait-elle référence à un genre artistique ou un ensemble de pratiques artistiques propres aux Noirs ?

Si nous jetons un coup d’œil rétrospectif dans l’histoire culturelle et intellectuelle de l’Afrique coloniale du siècle dernier, c’est dans le mouvement de la Négritude que l’usage du vocable trouve ses racines. Senghor avait expliqué sa volonté d’organiser le premier Festival des Arts Nègres dans un souci de parvenir à une meilleure compréhension internationale et interraciale au sein du « Village global », en exposant notamment la contribution des artistes et écrivains noirs aux grands courants universels de pensée.

Réhabiliter l’Homme noir, après des siècles de mépris, de déshumanisation et d’injustice, tel fut le pari que Senghor, Césaire et d’autres comme Fanon, tentèrent de tenir, en montrant que le Noir, au même titre que le Blanc, est un humain capable de penser, de créer et de sublimer ; ce que durant des siècles l’Occident blanc n’a cessé de nier. Aussi, l’esprit du combat des pères de la Négritude a été souvent mal compris, car sortir de l’habit du « Noir », pour n’être qu’un humain, comme tout autre, voilà la dialectique à laquelle la Négritude s’attela. Ses pères se sont battus, entre autres, par le biais de l’art, pour gagner la liberté de se tenir debout et d’exister comme des êtres humains.

C’est au nom de ce droit impérieux d’exister, que Franz Fanon dénonçait dans son célèbre ouvrage « Peau noire, masque blanc », le fait que le Noir ne soit pas considéré pleinement comme un homme, mais un homme « noir », donc un sous-homme, réduit à sa couleur de peau et sa prétendue infériorité intellectuelle ontologique. D’ailleurs, sentant la dénaturation que le mot « négritude » a pu subir au fil de l’histoire, Césaire déclarait : « J’avoue ne pas aimer tous les jours le mot négritude même si c’est moi, avec la complicité de quelques autres, qui ai contribué à l’inventer et à le lancer ». Ainsi, celui qui, jusqu’à l’aube de sa mort fut peut être le plus grand auteur d’expression en langue française vivant, avait compris que les effets pervers de la lutte de libération de l’homme noir était peut être d’enfermer ce dernier dans sa seule condition de « Noir », situation synonyme de prison.

Pour en revenir donc à « l’art nègre » - au sens plénier du mot « nègre » avec sa référence à la couleur noire - l’on peut se demander s’il ne s’agirait pas d’une sorte de camisole de force pour l’artiste dont la couleur de peau est noire, un gilet de fer qui l’enfermerait dans la prison de sa peau, car il est autant absurde de parler d’art noir, que d’art blanc. Bien entendu, certains argueront qu’il n’en n’est rien, et que l’opéra est un art « blanc ».

Naturellement, nous rétorquerons qu’il le fut peut être pendant longtemps, mais de célèbres chanteurs et cantatrices comme Leontyne Price sont venus démentir cela dès la fin des années 30. De la même manière, la Soul n’est plus une musique uniquement « noire », et il suffit d’écouter Amy Whinehouse pour s’en convaincre.

La seconde limite à l’usage du terme « nègre » appliqué à l’art, est que l’expression ne renvoie à aucune référence objective qui regrouperait des pratiques artistiques propres aux Noirs. Car, en quoi monsieur Mbaye, de son village de Palène au Sénégal, serait plus sensible à un chant zoulou, plutôt qu’à une incantation maya du Mexique, ou une psalmodie arabe ?

Objectivement, ces trois sortes de musiques lui sont toutes étrangères, et ce n’est pas parce qu’il est noir qu’il sera plus sensible au chant zoulou. C’est là que la notion de culture peut nous aider à y voir plus clair, car si monsieur Mbaye est, comme 95% des Sénégalais, de confession musulmane, on peut comprendre qu’il soit plus sensible à une psalmodie arabe, comme il serait plus sensible à un gospel, si par le plus grand des hasards, il était né noir à Harlem, de dénomination baptiste. Donc, nos diverses sensibilités tiennent plus des cultures qui font notre identité, plutôt qu’à notre couleur de peau. Constat d’autant plus vrai à l’ère de cette mondialisation, qui permet à M Mbaye de visiter virtuellement, de sa Palène natale, le musée de New York et d’admirer des œuvres de Picasso ou de Rembrandt.

Si notre démarche est mal comprise, elle pourrait laisser croire à un reniement de notre couleur de peau ; ce qui serait bien entendu une erreur de jugement. En réalité, il est du devoir de tout être humain, peut importe d’ailleurs sa couleur de peau, de combattre toute injustice commise sur un semblable, qu’il soit noir ou blanc. Bien entendu, si l’on est peintre sénégalais, vivant au Sénégal, on doit défendre en priorité les injustices les plus proches, celles qui se passent dans la société sénégalaise ; mais pas uniquement celles-là, car il est tout aussi de son devoir de dénoncer par exemple l’antisémitisme ou l’islamophobie, quand il est témoin de ces injustices là.

Certains établissent également très facilement des liens entre « arts nègres » et « arts primitifs », beaucoup allant même jusqu’à les confondre. Cela témoigne une nouvelle fois de cette posture idéologique raciste, qui considère l’art produit par les Noirs comme un art inabouti, comme l’est l’art primitif qui serait celui de l’enfance de l’humanité. Aussi, la peinture, la musique et autres littératures « blanches », témoigneraient d’une maturité de l’homme « blanc » et de sa « mission civilisatrice » qui, comme l’histoire l’a montré, s’est plutôt hautement singularisée par son caractère destructeur.

Finalement, il est possible de concéder à Senghor et Césaire l’emploi du vocable « arts nègres », car leur combat était celle de la reconnaissance de leur humanité par leur capacité à produire des œuvres de qualité comme leurs homologues blancs. Pour ce faire, il a fallu qu’ils positivent d’abord le regard déprécié jusque là posé sur le Noir, pour ensuite, dans un second mouvement, passer du niveau de la couleur à celui de l’humain universel.

Or, si ce combat a été mené avec abnégation et brio, pour que nous puissions aujourd’hui nous tenir debout comme des êtres humains à part entière, il est peut être temps de sortir de cette condition noire qui, rappelons-le, est une construction socio-historique du Blanc- avec tout ce que cela implique comme charge idéologique - pour mieux nous dominer. Par conséquent, nos écrivains, nos poètes, nos peintres et nos musiciens, gagneraient à faire sauter ce gilet de fer, sans pour autant renier ni leur histoire, ni leurs cultures, ni leurs racines, pour qu’enfin leurs œuvres soient jugées à leurs justes valeurs.

Nous ne pouvons naturellement pas conclure cet article sans évoquer l’actuel débat sur l’opportunité de la tenue du Fesman. En ce qui nous concerne nous n’avons pas de position spécifique sur la question, par contre nous ferons remarquer que si une telle question est posée aujourd’hui, cela tiendrait peut être de l’opacité que nous avons essayé de montrer autour du sens à donner à l’art nègre. Naturellement si le Fesman a effectivement lieu, il serait peut être judicieux pour les artistes présents de retravailler la pertinence de cet art nègre, et éventuellement procéder à son aggiornamento.
Sakho Jimbira Papa Cheik

mercredi 22 juillet 2009

J'irai revoir ma Normandie


Mettez vous dans la peau d'un homme d'affaires sénégalais pressé qui doit se rendre dans quelques jours en France :


1. Pour commencer, il faut prendre un rdv au service des visas. Y aller sans rendez vous relève de la naïveté pure et simple. Pour ce faire, on pourrait penser qu'il suffit d'appeler le consulat. ERREUR. Le consulat ne répond pas ou "n'est pas habilité à fixer les dates". Pour parvenir à décrocher ce fameux RDV avec un fonctionnaire français, Il vous suffit tout simplement de vous rendre à la banque Ecobank, la seule structure habilitée à vous vendre (10 euros) une carte de crédit téléphonique "Africatel", qui vous permettra d'appeler...... une société de prise de rendez vous (AVS). Celle ci vous demandera votre numéro de passeport, votre date de naissance, votre nationalité, puis vous donnera une date pour aller au service des visas. En cette période estivale, il faut compter environ un mois et demi de délai. C'est à dire 40 jours APRES votre voyage prévu.


2. Une fois cette étape passée, et si vous persistez dans votre idée de vous rendre en France dans les jours prochains, il vous faut impérativement contacter le "service de rapprochement" de la société de prise de RDV. (Refaire l'étape 1, Re 10 euros) Celui ci vous donnera, s'il reste des créneaux, une date plus rapprochée (5 à 10 jours). Si vous avez déjà pris votre billet pour demain, vous n'avez qu'à partir en Gambie. (Précision: vous ne pouvez pas déposer de demande de visas sans avoir pris une réservation, la schizophrénie vous guette, restez tranquille c'est pas fini)


3 Votre RDV. Pour le préparer au mieux, vous disposez d'entre 5 et 40 jours (selon les créneaux, et votre bonne étoile). Vous avez du temps, ça tombe bien. car vous allez devoir vous fournir les pièces suivantes:

Un formulaire de demande de visas dûment rempli et signé , Deux photos d’identité récentes (sur fond clair) , Un passeport dont la durée de validité est supérieure de 3 mois après la fin du séjour prévu en France , Photocopie du passeport (couverture cartonnée + pages 1 à 4) , Des frais de dossier d’un montant de 40000 F CFA (80 euros) non remboursables quelle que soit la suite réservée à la demande de visa , Attestation de réservation du billet d’avion aller-retour à dates confirmées et comprenant les références du vol, Justificatif d’hébergement , Attestation d’accueil visée par la mairie du lieu de résidence de l’accueillant, Réservation ferme d’une chambre d’hôtel, Le service des visas se réserve toutefois la possibilité de vérifier que le voyageur dispose de moyens de subsistance suffisants pour son déplacement et son séjour envisagés en France, Assurance-voyage adéquate et valide couvrant les frais de soins médicaux et hospitaliers d’urgence et de rapatriement pour raison médicale pour une couverture minimale de 30 000 euros (L’attestation devra être présentée avant la délivrance du visa), Livret de famille du demandeur ou de ses parents

Justificatifs socioprofessionnels :

  • Pour les salariés :
    • copie du contrat d’engagement
    • attestation de mise en congés, signée par l’employeur
    • 3 derniers bulletins de salaire
    • carte IPRES ou attestation d’affiliation
  • Pour les femmes mariées sans activité professionnelle :
    • Justificatifs professionnels de l’époux et preuve du lien marital
  • Pour les enfants mineurs :
    • Copie littérale acte de naissance
    • Autorisation parentale de délivrance d’un visa
    • Certificat de scolarité et de réinscription
  • Pour les fonctionnaires :
    • Ordre de mission établi par le Ministère compétent et suffisamment renseigné (dates, lieux, hébergement)
    • Mémoire de frais (montant de l’indemnité de mission)
  • Pour les hommes d’affaires :
    • Tout justificatif de l’activité et preuve de contacts en France

Tous les documents doivent être présentés en original et en photocopie. Il est à noter qu’un dossier complet n’entraîne pas nécessairement la délivrance d’un visa. Des justificatifs complémentaires peuvent être demandés. La comparution personnelle est obligatoire lors du dépôt du dossier. La demande de visa doit être déposée au plus tard 72 heures avant la date de depart prévue. Pour les groupes demandeurs de visa, le délai d’étude des dossiers est de 15 jours. (Source ambafrance-sn.org)



4. Bien. Il est huit heures du matin, le jour J, vous êtes convoqués au service des visas. Vous patientez (parfois 3 heures) dans une salle. Enfin, vous voici devant le fonctionnaire français qui doit traiter votre dossier. (soyez indulgents, les titulaires ne sont pas forcément les plus pédagogues). Une fois remises toutes les pièces, vous devez faire enregistrer vos empreintes dans une machine, puis vous êtes convoqués pour la fin de la journée, ou l'on vous remettra votre passeport. Pensez à prendre une ombrelle et un siège pliant. Il fait soleil, en ce moment.

5. On vous remet votre passeport. Il est possible que vous n'ayez pas votre visa. Dans ce cas, il s'agit, soit d'un manque de pièces justificatives, soit que vous êtes trop pauvres. Vous n'irez pas voir le Louvre....Vous pouvez contester cette décision. Mais la loi n'oblige pas l'administration à vous donner les raisons du refus de visas.


6. Vous avez votre visa de court séjour. Dieu est grand. Vive la France. A vous les petites femmes de Pigalle. Dans un mois, à votre prochain voyage professionnel, vous devrez recommencer l'étape 1.



CAS PARTICULIERS : Vous voulez un visa pour rejoindre votre conjoint(e), ou votre famille (regroupement familial), il vous faut impérativement passer des CONCOURS DE CONNAISSANCES DES VALEURS DE LA REPUBLIQUE. (type de question portant sur la devise de la france, la notion de liberté, etc) ainsi qu'un TEST DE CONNAISSANCE DU FRANCAIS. Ces tests sont obligatoires, uniquement sur rendez vous (étape 1), et uniquement le jeudi matin (hors période de vacances des fonctionnaires). Un bon français va vous interroger pour savoir si vous connaissez bien SA CULTURE, acquis indispensable à VOTRE INTEGRATION. Si vous échouez à ces tests, ne vous découragez pas, les services français vous proposent des cours de langue et de valeurs républicaines (uniquement à Dakar, on éspère que vous n'habitez pas en brousse, sinon ça va être compliqué), étalés sur deux mois (vous avez le temps, vous êtes africain!!!).



Une fois en France, et si votre visa a expiré, et que vous êtes expulsé, réjouissez vous, car vous participez au bonheur de la famille du policier qui vous escorte. En effet, les policiers sont comme tous les clients, ils bénéficient de "miles" lors de chaque voyage. Ils peuvent ainsi, à la fin de l'année, partir en vacances au Sénégal (sans visas) et faire marcher le petit commerce, voire un peu de tourisme sexuel (vous avez surement une soeur disponible!)



"L'important, c'est que tout ceci se fasse dans la dignité". Eric Besson, Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.

Bo Baraba





Magnifique "Une", mardi 21 juillet, du journal 24 heures Chrono, un journal qui a symbolisé l'an dernier la lutte pour la liberté de la presse. Comme quoi, la liberté, ça s'acquiert, ça ne se décrète pas.